Afrique

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Pressions croissantes sur les pêches et les ressources marines en Afrique

Le secteur de la pêche constitue un pilier majeur en Afrique, notamment pour les communautés côtières, pour lesquelles les ressources marines sont essentielles aux moyens de subsistance et à la sécurité alimentaire.Contribuant directement à hauteur de 24 milliards de dollars par an à l’économie africaine, les secteurs de la pêche et de l’aquaculture emploient environ 12 millions de personnes à travers le continent. Parallèlement, la hausse continue de la demande en poisson, conjuguée à l’expansion démographique, accentuera la pression sur les ressources marines jusqu’en 2050.

Lutter contre la pêche illégale, non déclarée et non réglementée dans les eaux africaines

Une gestion efficace des pêches constitue un levier essentiel pour relever les défis liés au secteur de la pêche en Afrique. Les capacités limitées de surveillance et d’application des réglementations dans de nombreux pays du continent ont permis à la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN) de prospérer — représentant environ 40 % des captures totales dans la région. En générant des pertes économiques considérables, la pêche INN accélère la dégradation des écosystèmes marins et entrave les efforts visant à assurer la durabilité des ressources halieutiques.

De plus, les pêcheries artisanales, qui soutiennent les communautés côtières et contribuent à préserver la biodiversité, manquent souvent des outils et de la visibilité nécessaires pour protéger leurs ressources.

En fournissant des données en libre accès et en soutenant les initiatives de transparence, Global Fishing Watch aide les gouvernements africains à renforcer leurs capacités de suivi des navires, à améliorer la gestion des pêches pour protéger la biodiversité marine et à renforcer la collaboration avec les associations de pêche artisanale afin d’amplifier leur rôle dans les processus décisionnels.

« La pêche INN constitue une menace majeure dans les eaux côtières africaines, sapant à la fois les écosystèmes marins et les économies nationales. Notre travail vise à soutenir les gouvernements en leur fournissant des données gratuites, en accès libre, ainsi que des technologies satellitaires leur permettant de surveiller plus efficacement leurs eaux et de lutter contre les activités illicites. »

– Dame Mboup, responsable du programme Afrique chez Global Fishing Watch

Carte régionale de l’activité des navires de pêche autour du détroit de Gibraltar, 2017–2021 © Global Fishing Watch

En 2024, Global Fishing Watch a identifié de fortes densités d’activité de navires au large des côtes nord et ouest de l’Afrique, dans des zones où les systèmes publics de suivi n’avaient jusque-là montré que peu, voire aucune activité. Cette recherche a permis de révéler des zones auparavant « invisibles » au grand public et de fournir aux décideurs et décideuses au niveau local les informations nécessaires pour orienter davantage de ressources là où elles étaient — et restent — le plus nécessaires.

 

La transparence dans les pêcheries africaines

La transparence et les données en libre accès fournissent aux décideurs et décideuses des informations essentielles pour gérer les eaux côtières. Il est de plus en plus nécessaire de protéger la pêche artisanale, cruciale pour la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance de millions de personnes, mais qui subit trop souvent les conséquences de la surpêche industrielle.

Les pêcheries artisanales sont confrontées à des défis croissants — réglementation insuffisante, manque d’investissements et pressions accrues sur les écosystèmes marins. Bien que l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) et ses États membres aient pris certaines mesures, des efforts supplémentaires sont nécessaires pour que les politiques reflètent réellement les besoins et les réalités des communautés de pêche côtières du continent.

Les communautés de pêche artisanale sont également exposées aux risques posés par les flottes industrielles, dont les grands navires peuvent détruire les engins de pêche, dégrader les zones de pêche et mettre des vies en danger en raison de collisions et d’autres incidents en mer.

Partenariats à l’échelle régionale

Global Fishing Watch collabore avec les gouvernements et les organisations non gouvernementales afin de promouvoir la transparence des pêches à travers l’Afrique. À mesure que la technologie et la transparence redéfinissent les possibilités, l’organisation aide les gouvernements à acquérir une visibilité sans précédent sur leurs eaux, à renforcer les partenariats et à utiliser des outils innovants pour transformer la surveillance, le contrôle et l’application des règles dans la lutte contre la pêche INN.

Grâce à des analyses et des rapports de renseignement sur les activités en mer, Global Fishing Watch renforce les dispositifs existants de surveillance et permet aux autorités chargées de l’application des règles d’atteindre un niveau accru de connaissance du domaine maritime.

Ces partenariats de recherche et initiatives de renforcement des capacités soutiennent des échanges mettant en évidence la manière dont une culture du partage et de l’utilisation de données en libre accès peut répondre à des besoins critiques en matière de suivi et de contrôle des pêches en Afrique.

Partenariats pour lutter contre la pêche INN

Global Fishing Watch travaille en étroite collaboration avec les autorités du golfe de Guinée afin de soutenir les patrouilles en mer et d’améliorer la connaissance du domaine maritime. Par l’intermédiaire de sa collaboration avec les partenaires de la Joint Analytical Cell, l’organisation fournit des renseignements fondés sur les données satellitaires permettant de cibler les activités de pêche à haut risque et de renforcer les réponses opérationnelles.

De 2021 à 2023, afin de soutenir la mise en œuvre de L’Accord relatif aux mesures du ressort de l’État du Port (PSMA), Global Fishing Watch a mené un projet pilote en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Kenya et au Sénégal visant à améliorer les inspections portuaires et à réduire la pêche INN grâce à une assistance technique et au renforcement des capacités. Mis en œuvre avec son partenaire Trygg Mat Tracking (TMT), ce programme a également permis le co-développement de Vessel Viewer, un outil d’analyse historique conçu pour renforcer l’évaluation des risques et la diligence raisonnable.

Collaborations régionales

Global Fishing Watch travaille en étroite collaboration avec des organisations sous-régionales de gestion des pêches afin d’amplifier son impact en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale. Ces partenariats — notamment avec la Commission sous-régionale des pêches, le Comité des pêches pour le centre-ouest du golfe de Guinée et la Commission régionale des pêches du golfe de Guinée — regroupent 24 pays africains, élargissent la portée de l’action dans la région et soutiennent une approche plus coordonnée de la gouvernance durable du secteur de la pêche.

Renforcement des capacités

Le partage réciproque de connaissances est au cœur du travail mené au niveau national par Global Fishing Watch, qui mobilise les technologies et les données en libre accès pour aider les gouvernements africains à surveiller et gérer leurs eaux. L’organisation dispense des formations participatives permettant aux autorités d’utiliser ses outils afin d’atteindre leurs objectifs — qu’il s’agisse d’améliorer la surveillance en mer, de réduire la pêche INN, de protéger la biodiversité ou de sécuriser les droits des communautés de pêche artisanale.

En juillet 2025, s’appuyant sur des travaux menés avec le Kenya et Madagascar pour renforcer la mise en œuvre du PSMA, Global Fishing Watch a lancé une nouvelle série de modules de formation sur le suivi, le contrôle et la surveillance destinés aux professionnels des pêches en Afrique. Ces formations ont été menées en collaboration avec la Direction de la protection et de la surveillance des pêches du Sénégal, le ministère des Pêches et de l’Économie bleue de Madagascar et la Direction générale des pêches et de l’aquaculture du Gabon. À partir d’études de cas réels, ces sessions ont illustré comment les données, la science et la technologie peuvent soutenir les équipes opérationnelles — en mer comme à terre — afin de renforcer la gestion et le suivi des activités de pêche.

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