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Comment fonctionnent les technologies de suivi AIS et VMS : réponses à 10 questions essentielles

Découvrez comment ces systèmes complémentaires fonctionnent, leurs points forts respectifs et pourquoi leur utilisation conjointe renforce le suivi, le contrôle et la surveillance des pêches.

Présentation

Les gouvernements s’appuient de plus en plus sur le suivi des navires pour gérer la pêche, faire respecter la réglementation et renforcer la sécurité maritime. Pour être efficace, le suivi des navires doit être intégré, transparent et interopérable. Chez Global Fishing Watch, nous définissons cette transparence comme le fait de mettre à disposition et de rendre accessibles les données spécifiques sur les océans et les navires — ainsi que les politiques et les décisions qui s’y rapportent — à ceux qui en ont besoin. Parce que nous nous engageons à promouvoir la coopération internationale et la transparence autour des données océaniques afin de faire avancer une nouvelle ère de gouvernance des océans, nous reconnaissons qu’une véritable intégration nécessite de comprendre les atouts et les limites des deux principales technologies utilisées aujourd’hui : les systèmes d’identification automatique (AIS) et les systèmes de surveillance des navires par satellite (VMS)

Bien que ces deux systèmes fournissent des données de localisation des navires, ils ont été conçus pour répondre à des objectifs différents. L’AIS est un système de diffusion ouvert qui renforce la transparence en rendant les mouvements des navires visibles au public. Le VMS est un système sécurisé et réglementé, développé pour soutenir les efforts de suivi, de contrôle et de surveillance des pêches. Au fil du temps, son application s’est étendue pour prendre en charge un éventail plus large de fonctions de gestion des pêches 

Utilisés conjointement — et en complément d’autres technologies de télédétection telles que l’imagerie satellite et le radar —, l’AIS et le VMS offrent aux gouvernements une vision plus complète de l’activité des navires en mer. Les questions suivantes examinent le fonctionnement de ces systèmes complémentaires, leurs différences en termes de capacités et les raisons pour lesquelles un suivi intégré est essentiel à la gestion moderne de la pêche. 

1. Qu’est-ce que l’AIS ?

L’AIS est un système mondial de suivi des navires initialement conçu pour la sécurité maritime et la prévention des collisions. Il diffuse automatiquement l’identité, la position, le cap et la vitesse d’un navire via un transpondeur embarqué. La Convention internationale de 1974 pour la sauvegarde de la vie humaine en mer de l’Organisation maritime internationale (OMI) impose à certaines catégories de navires d’être équipés d’un AIS. (1)

Comment fonctionne l’AIS ?

À partir d’un transpondeur embarqué, l’AIS diffuse en continu des informations sur le navire qui peuvent être captées par les navires à proximité, par des récepteurs à terre et par des satellites en orbite terrestre basse, ce qui permet de suivre les mouvements des navires sur de grandes distances, y compris dans les régions océaniques reculées. Plus de 120 000 navires de pêche provenant de dizaines d’États du pavillon peuvent être suivis à tout moment grâce aux transmissions AIS. Bien que ces navires ne représentent qu’une partie de la flotte de pêche mondiale, ils totalisent jusqu’à 80 % de l’activité de pêche en haute mer .

Un transpondeur AIS embarqué est équipé d’un écran d’affichage intégré et d’un clavier permettant la saisie manuelle des données.
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Quelles informations l’AIS transmet-il ?

Les messages AIS contiennent deux grandes catégories d’informations : les informations dynamiques, qui changent en permanence au fur et à mesure que le navire navigue, et les informations statiques ou relatives au navire, qui identifient ce dernier et ne changent que rarement. 

Dynamiques : données en temps réel qui évoluent en permanence au fur et à mesure que le navire navigue

Statiques : informations permanentes ou semi-permanentes qui identifient le navire et changent rarement

Alors que les informations dynamiques sont générées automatiquement par les systèmes de navigation embarqués, les informations statiques et celles relatives au navire sont saisies manuellement par l’exploitant du navire. Ces données saisies manuellement dépendant de l’intervention humaine, elles peuvent contenir des erreurs ou être intentionnellement faussées.

Comment l’AIS est-il utilisé ?

L’AIS fournit des données en temps quasi réel sur les mouvements des navires, qui contribuent à la sécurité de la navigation et à un large éventail d’applications en matière de gestion des pêches, de recherche et de gouvernance des océans. Il aide les autorités, les analystes et les autres parties prenantes à :

L’AIS constitue une source précieuse d’informations sur l’activité des navires. Sa valeur analytique est encore renforcée lorsqu’il est associé à des sources de données complémentaires, notamment le VMS, le radar à ouverture synthétique (SAR) par satellite, l’imagerie optique et la détection des lumières nocturnes, ce qui améliore la couverture, renforce la vérification et aide à identifier les navires ou les activités qui pourraient ne pas être visibles dans un ensemble de données isolé.

Figure 1. Trajectoire d’un navire palangrier en haute mer suivie par l’AIS

Représentation visuelle d’un palangrier en haute mer. La concentration dense de rapports de position AIS par satellite — avec une mise à jour toutes les 12 minutes en moyenne — offre une vue très détaillée et transparente des déplacements du navire et de ses schémas de pêche potentiels sur des centaines de kilomètres.
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2. Qu’est-ce que le VMS ?

Depuis plus de 25 ans, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) reconnaît le VMS comme un élément central des systèmes de suivi, de contrôle et de surveillance (MCS) des pêches . Le VMS est un système sécurisé et automatisé, basé sur la technologie satellitaire, utilisé par les autorités chargées de la pêche pour suivre la position et les déplacements des navires de pêche.  

Comment fonctionne le VMS ?

Contrairement à l’AIS, qui diffuse des informations ouvertement à toute personne disposant d’un récepteur, le VMS transmet des rapports de position via des communications satellitaires sécurisées. Les données peuvent être cryptées et sont envoyées, par l’intermédiaire de prestataires de services agréés, aux autorités chargées de la pêche et aux autres parties prenantes concernées.   

Un transpondeur VMS installé à bord du navire transmet automatiquement des informations sous forme de paquets de données — des messages électroniques contenant la position du navire et d’autres informations opérationnelles. 

Ces messages comprennent généralement :

Un terminal satellite VMS de type B monté sur un navire péruvien. L'unité est fixée au support de montage avec un scellé de sécurité orange pour garantir l'intégrité des données et la conformité.
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Comment le VMS est-il utilisé ?

Les données VMS sont utilisées par les autorités chargées de la pêche pour soutenir un large éventail d’initiatives de gestion des pêches, d’autres activités non liées à la pêche et des activités générales de surveillance. 

Parmi les principales applications des données VMS, on peut citer :

Au fil du temps, ces rapports de position individuels s’assemblent pour former des traces de navigation. Des plateformes telles que la carte Global Fishing Watch affichent ces données en temps quasi réel — notamment la vitesse, le cap et la route — afin de révéler l’activité d’un navire. Au lieu d’analyser des points de données isolés, les utilisateurs peuvent visualiser des schémas de déplacement complets. Comme le montre la figure 2, ces traces visuelles constituent la base des applications de surveillance et de contrôle du VMS. 

Figure 2. Trajectoire d’un navire palangrier en haute mer suivie par le système VMS

Représentation visuelle d’un navire de pêche à la palangre en haute mer. La séquence de rapports de position VMS — avec une mise à jour toutes les 60 minutes en moyenne — offre une vue cryptée des déplacements du navire et de ses schémas de pêche potentiels sur des centaines de kilomètres.
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3. Comment la réglementation encadre-t-elle l’utilisation de l’AIS sur les navires de pêche ?

Il n’existe pas d’obligation universelle pour les navires de pêche d’être équipés d’un AIS. En revanche, l’utilisation de l’AIS à bord des navires de pêche peut être réglementée par des mesures de conservation et de gestion adoptées par les organisations régionales de gestion des pêches (ORGP) et/ou par la législation nationale. Des organismes régionaux, tels que la Commission pour la conservation de la faune et la flore marines de l’Antarctique et la Commission des thons de l’océan Indien, ont adopté des mesures exigeant ou intégrant, respectivement, l’utilisation de l’AIS pour certains navires autorisés opérant dans leurs zones de convention. Les exigences nationales varient également, certains pays imposant l’AIS pour des navires ou des zones d’opérations spécifiques.

Ces différences signifient que les exigences en matière d’AIS peuvent varier considérablement d’une pêcherie à l’autre et d’une juridiction à l’autre. Une réglementation efficace repose donc non seulement sur l’obligation pour les navires d’être équipés d’un AIS, mais aussi sur l’établissement de règles opérationnelles claires, notamment des obligations de transmission active, des exemptions applicables, des protocoles de signalement des pannes d’équipement et des sanctions en cas de non-respect.

4. Comment le système VMS est-il réglementé pour soutenir la surveillance des pêches ?

Contrairement à l’AIS, les exigences relatives au VMS sont principalement établies par la législation nationale, les mesures de conservation et de gestion des ORGP et les accords bilatéraux ou régionaux d’accès aux pêcheries, plutôt que par une obligation mondiale. Cela peut se traduire par un ensemble d’exigences et de couvertures disparates.   

De nombreux pays exigent que certaines catégories de navires de pêche soient équipés d’un système VMS comme condition d’obtention de leur licence de pêche, bien que les seuils varient selon les juridictions et puissent être basés sur la taille du navire, le type de pêche ou la zone d’exploitation. Les ORGP — notamment la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique, l’Organisation régionale de gestion des pêches du Pacifique Sud et la Commission des pêches pour le Pacifique occidental et central, entre autres — exigent également que les navires autorisés opérant dans leurs zones de convention utilisent le système VMS.   

Le VMS est devenu l’un des principaux outils utilisés par les autorités chargées de la pêche pour surveiller l’activité de la flotte et faciliter le contrôle des pêches. La transmission régulière d’informations sur la position et les déplacements des navires permet aux autorités de maintenir une connaissance de la situation concernant l’activité de pêche, de vérifier le respect des réglementations locales par les navires et d’identifier les risques potentiels ou les anomalies nécessitant une enquête plus approfondie. Ces informations peuvent faciliter la surveillance, les inspections et l’application de la réglementation fondées sur les risques, ainsi que contribuer à vérifier le respect des réglementations en matière de pêche. 

Les autorités exploitent les données du VMS de trois manières principales :

5. Quels sont les facteurs qui déterminent la visibilité et la couverture des navires de pêche dans les données AIS ?

La visibilité des navires de pêche dans les données AIS dépend de plusieurs facteurs, notamment les obligations d’équipement AIS, la taille et le type de navire, la zone d’exploitation des navires, la disponibilité de récepteurs satellitaires et terrestres, ainsi que le fait que l’équipement AIS émette en continu ou non. Les améliorations apportées à la couverture AIS par satellite au cours de la dernière décennie ont considérablement élargi la capacité de surveillance des activités de pêche dans les océans du monde entier.

Taille des navires

Le taux d’adoption de l’AIS est le plus élevé parmi les grands navires de pêche industrielle et diminue fortement parmi les flottes de plus petite taille.

De ce fait, de nombreux navires de pêche artisanale et à petite échelle restent largement invisibles pour le système mondial de surveillance AIS.

Couverture géographique

La réception des signaux AIS varie également d’un océan à l’autre en fonction de plusieurs facteurs clés, notamment : 

Ces limites de couverture doivent être prises en compte lors de l’interprétation des données AIS, en particulier dans les zones à fort trafic ou à réception limitée. Lorsqu’une plus grande certitude est requise, les données AIS peuvent être interprétées conjointement avec d’autres sources d’information disponibles, telles que le VMS. 

Quelles technologies peuvent être utilisées en complément de l’AIS pour suivre les navires ?

Les autorités peuvent renforcer la surveillance en combinant l’AIS avec d’autres technologies de suivi, notamment :

Figure 3. Technologies de suivi et de surveillance des navires

Aperçu des systèmes complémentaires — notamment l’AIS, le VMS, le radar satellitaire, l’imagerie optique et la détection des lumières nocturnes — utilisés pour la surveillance maritime.
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Plutôt que de fournir les mêmes informations, ces technologies offrent des observations complémentaires qui peuvent aider à combler les lacunes et à renforcer l’analyse. Utilisées conjointement, elles peuvent aider les autorités à détecter des navires qui ne seraient pas visibles dans l’AIS, à corroborer les positions signalées, à recouper les identités des navires et à identifier les incohérences pouvant justifier une enquête plus approfondie.

Un identifiant commun des navires, tel qu’un numéro OMI, renforce encore cette approche en permettant de relier les informations provenant de différents systèmes de surveillance et bases de données à un même navire.

6. Comment l’AIS et le VMS contribuent-ils à la détection de la pêche illicite, non déclarée et non réglementée ?

Bien que l’AIS et le VMS aient été conçus pour remplir des fonctions différentes, leurs atouts complémentaires améliorent la fiabilité de l’analyse des activités des navires, permettant ainsi aux autorités de comparer, de vérifier et d’interpréter plus efficacement ces activités.

Figure 4. Comparaison des trajectoires d’un navire de pêche en zone côtière : AIS et VMS

Les positions comparatives obtenues par satellite via l’AIS et le VMS montrent le suivi d’un même navire de pêche côtière avec des fréquences d’interrogation élevées dans les deux systèmes. (Intervalle d'interrogation de 10 minutes pour le VMS et intervalle moyen de 70 secondes pour l'AIS).
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L’AIS favorise la transparence et la détection des risques

Comme détaillé dans « Perspectives sur la pêche illicite, non déclarée et non réglementée : un nouveau cadre pour cartographier les risques associés », l’analyse des données AIS met en évidence des indicateurs de risque comportementaux, tels que des interruptions de transmission suspectes, des anomalies d’identité, des périodes prolongées en mer et des interactions avec des navires associés à des activités à haut risque. Ces indicateurs peuvent aider les autorités à identifier les navires susceptibles de faire l’objet d’un examen plus approfondi, à hiérarchiser les enquêtes et les efforts de contrôle, ce qui permet aux gouvernements de cibler et d’optimiser leurs ressources d’inspection, notamment par le biais des contrôles par l’État du port.

Comme le système AIS diffuse ouvertement les positions des navires, il permet aux autorités, aux chercheurs et à la société civile de surveiller l’activité sur de vastes zones océaniques. L’analyse de ces données permet aux parties prenantes de détecter des anomalies, des risques potentiels liés à la pêche et des problèmes réglementaires nécessitant une évaluation plus approfondie, tels que : 

Les données AIS peuvent, à elles seules, étayer des enquêtes et des mesures coercitives dans certaines juridictions et circonstances. Le cas échéant, les autorités peuvent également combiner les données AIS avec d’autres sources d’information telles que le VMS, le SAR, l’imagerie optique et les informations du registre des navires afin de renforcer les éléments de preuve d’un dossier ou de satisfaire aux exigences légales nationales applicables.  

Le VMS facilite le contrôle et l’application de la réglementation

Le VMS fournit des données de suivi sécurisées et réglementées que les autorités chargées de la pêche utilisent pour surveiller les navires de pêche titulaires d’une licence et enquêter sur d’éventuelles infractions.

Les données de suivi du VMS constituent un outil essentiel de conformité et de contrôle, permettant aux autorités de :

Le VMS s’appuie sur des positions satellitaires, telles que celles du GPS, pour fournir aux autorités chargées de la pêche des données précises sur la localisation des navires à des fins de surveillance, de contrôle et de mise en application de la réglementation. La transmission via des systèmes de communication sécurisés à des utilisateurs autorisés permet d’établir la chaîne de traçabilité des preuves. 

7. Les données AIS et VMS peuvent-elles être utilisées comme éléments de preuve dans le cadre de procédures judiciaires ?

Les données de suivi des navires, y compris les enregistrements AIS et VMS, sont largement reconnues comme des éléments de preuve recevables dans les procédures administratives et judiciaires de nombreuses juridictions. Toutefois, le poids accordé à ces éléments de preuve dépendra du respect des cadres juridiques nationaux applicables, des faits et des circonstances de l’affaire, ainsi que de la présentation de l’ensemble des éléments de preuve, y compris les données techniques.

Éléments de preuve à l’appui

Dans le cadre de procédures judiciaires, les données de suivi des navires sont généralement présentées aux côtés d’autres éléments de preuve pertinents afin d’établir les faits de l’affaire. Ces données s’accompagnent souvent d’un témoignage d’expert visant à expliquer le fonctionnement du système, à démontrer la fiabilité des données et à détailler la manière dont les résultats ont été interprétés au cours de l’enquête. L’admissibilité et la valeur probante des données de suivi des navires, telles que les cartes ou les captures d’écran, sont généralement considérées comme des preuves techniques ou scientifiques et peuvent suffire à étayer des procédures administratives ou judiciaires.

8. Quelles sont les limites techniques et opérationnelles de l'AIS et du VMS ?

Vue aérienne de cargos dans le détroit de Singapour
© Jeffry Surianto

L’AIS et le VMS présentent des limites techniques et opérationnelles qui peuvent avoir une incidence sur la manière dont les mouvements des navires sont surveillés et interprétés.

AIS

Comme toute technologie de suivi des navires, l’AIS présente des limites dont il convient de tenir compte lors de l’interprétation de l’activité des navires. 

Les autorités peuvent souvent détecter des lacunes suspectes grâce à des systèmes de surveillance qui signalent les anomalies, telles que la perte inattendue de signal, sa réapparition, des mouvements irréalistes ou des positions à terre. Conformément aux recommandations de l’OMI, l’AIS doit rester en service à tout moment et ne peut être temporairement désactivé que si le capitaine estime que son fonctionnement continu pourrait compromettre la sécurité ou la sûreté du navire, de son équipage ou de sa cargaison. Dans ces cas d’exception autorisés, l’incident — y compris les raisons spécifiques, la durée et le lieu — doit être consigné dans le journal de bord du navire et, lorsque celui-ci opère dans le cadre d’un système de déclaration obligatoire des navires, signalé à l’autorité compétente. Bien que la détection des cas de désactivation soit possible, les mesures de contrôle qui s’ensuivent ne sont pas toujours cohérentes et un nombre croissant d’États du pavillon et d’États côtiers exigent des exploitants qu’ils signalent toute désactivation de l’AIS aux autorités en temps quasi réel afin qu’elles puissent agir rapidement en cas d’activité illégale présumée. Toute désactivation non autorisée devrait faire l’objet d’une enquête et de sanctions de la part des États du pavillon, des États du port ou des États côtiers, et peut entraîner des sanctions.

VMS

Le VMS est conçu à des fins de contrôle réglementaire, mais présente également des contraintes opérationnelles.

Certaines de ces contraintes peuvent être surmontées par des décisions réglementaires et opérationnelles délibérées. Les autorités peuvent exiger des rapports de position plus fréquents, établir des exigences en matière de partage des données pour les navires battant pavillon étranger autorisés à opérer dans leurs eaux et adopter des normes et protocoles communs qui améliorent l’interopérabilité et l’échange d’informations.

Malgré ces limites, les appareils VMS sont conçus pour rendre leur désactivation intentionnelle difficile et détectable. La mise hors service délibérée ou la manipulation frauduleuse des appareils VMS est interdite dans de nombreuses juridictions et peut constituer une grave infraction. Les lacunes dans les transmissions VMS peuvent également être signalées par les systèmes de surveillance comme des indicateurs de risque justifiant une évaluation plus approfondie.

9. Qui dispose de l’autorité légale pour accéder aux données VMS ?

Au sein d’un centre de surveillance et de contrôle des pêches, une radio maritime à haute fréquence est prête à communiquer directement avec les navires. En arrière-plan, la carte de Global Fishing Watch offre une image claire de la présence des navires côtiers grâce aux données VMS.
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L’accès aux données VMS est restreint et généralement limité aux agences gouvernementales autorisées. Bien que cet accès soit régi par la législation nationale et les mesures régionales de gestion des pêches, les autorités peuvent choisir de partager les données VMS avec des tiers dans le cadre d’accords formels et de garanties appropriées. En fonction du cadre juridique et institutionnel applicable, les destinataires autorisés des données VMS peuvent inclure les entités suivantes :

Alors que les données VMS ont historiquement été considérées comme confidentielles, les opinions mondiales sur l’accès public évoluent en faveur de la transparence, encourageant les pays à élargir l’accès public à ces données. Plusieurs gouvernements avant-gardistes publient désormais leurs données VMS via la plateforme Global Fishing Watch — souvent avec un léger décalage temporel afin de concilier sécurité et intérêts privés.

10. Quel rôle l’AIS et le VMS joueront-ils dans l’avenir de la surveillance des pêches ?

L’AIS et le VMS ont transformé la manière dont les gouvernements surveillent l’activité de pêche, mais la technologie à elle seule ne peut pas lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée tant que les cadres réglementaires restent fragmentés. À mesure que la gestion des pêches s’appuie de plus en plus sur les données, il est essentiel de combiner plusieurs sources d’information pour améliorer la transparence, le respect des règles et la gouvernance durable des océans.

L’avenir de la surveillance des pêches dépendra non seulement des progrès technologiques, mais aussi de cadres réglementaires plus solides, d’une mise en œuvre plus rigoureuse, d’une meilleure interopérabilité entre les systèmes, d’un meilleur partage des données et d’une utilisation et d’un échange plus efficaces des informations de suivi des navires. Ensemble, ces efforts peuvent aider les autorités à prendre des décisions mieux éclairées et à renforcer la gestion durable des ressources marines.

Pour renforcer le suivi mondial des navires, les gouvernements devront : 

À mesure que davantage de pays adoptent ces pratiques, les autorités seront mieux à même de surveiller les activités de pêche, de détecter les infractions potentielles et de promouvoir une plus grande transparence sur l’ensemble des océans.

Perspectives d’avenir

Si les réponses à ces 10 questions mettent en évidence les atouts et les limites spécifiques de l’AIS et du VMS, elles offrent également des opportunités pour renforcer la surveillance des navires et la gestion des pêches. Pour tirer pleinement parti de ces systèmes, il est nécessaire de disposer de cadres réglementaires clairs, de mécanismes appropriés de partage des données, de pratiques standardisées en matière de données et d’identifiants de navires fiables. 

Utilisés conjointement et soutenus par d’autres technologies de surveillance, l’AIS et le VMS peuvent aider les autorités à améliorer la transparence, à renforcer le respect des règles et leur application, et à acquérir une compréhension plus complète des activités de pêche.

Réferences

  1. Données AIS internes de Global Fishing Watch, 2025. D’après les dernières informations sur l’identité des navires, on recense 155 702 MMSI de pêche distincts ayant enregistré au moins 24 heures d’activité.

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Courtney Farthing

Director of International Policy, Global Programs

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