Politique internationale

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L’impact par la politique

Transformer la gestion de l’océan commence par agir là où les décisions se prennent : auprès de celles et ceux qui établissent les règles. Construire un système capable de soutenir des pêcheries prospères, de préserver la biodiversité marine et de garantir la transparence pour l’ensemble des parties prenantes exige un travail engagé, structuré et coordonné avec les institutions qui façonnent les politiques internationales. 

Chez Global Fishing Watch, nous reconnaissons que la gouvernance efficace de l’océan repose sur des institutions solides, des décisions éclairées et un accès équitable aux informations. Nous collaborons avec des instances internationales — de l’organisation des nations unies (ONU) et leurs agences spécialisées aux organisations régionales de gestion des pêches (ORGP) et institutions multilatérales — pour renforcer la transparence, la responsabilité et l’équité dans les politiques de l’océan à l’échelle mondiale.

Par le biais d’une expertise technique, d’outils fondés sur les données en libre accès et d’une collaboration ciblée, nous contribuons à mettre en place des politiques visant à préserver les écosystèmes marins et à soutenir les populations qui en dépendent.

Notre priorité : la transparence

Un océan sain et prospère sur le long terme nécessite des politiques fortes à tous les niveaux. Notre objectif principal en matière de politique — établir et garantir la transparence — constitue le fondement de toutes nos actions à l’international.

Cela implique de faire en sorte que les agences onusiennes, les ORGP, les banques de développement et autres institutions internationales rendent les données relatives à l’océan et aux navires, ainsi que les politiques et décisions associées, accessibles à toutes les parties concernées.

Nous visons particulièrement à : 

Réduire la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN) ainsi que d'autres pratiques destructrices grâce à des mesures globales comprenant un suivi, un contrôle et une surveillance robustes, une coopération internationale et un renforcement des capacités.

Protéger les petits pêcheurs artisanaux en défendant des politiques internationales basées sur la transparence qui protègent leurs zones de pêche contre les flottes industrielles, la dégradation des habitats et les effets du changement climatique.

Améliorer et étendre la protection de l’océan en mobilisant les données en libre accès, la technologie et les pratiques de gestion transparentes afin d’aider les gouvernements à désigner et à surveiller efficacement les aires marines protégées (AMPs) et les autres mesures de conservation efficace par zone (AMCEZ) — aussi appelées “aires conservées”.

Nos actions

Les défis mondiaux exigent des solutions mondiales. Nous sommes à l’aube d’une révolution dans la gouvernance de l’océan, où la transparence évolue d’un idéal progressiste vers un outil puissant et inclusif pour gérer l’océan commun. Les enjeux tels que la pêche INN, le soutien à la pêche artisanale, la perte de biodiversité et l’accès inéquitable aux données liées à l’océan dépassent les frontières et exigent des réponses politiques coordonnées au niveau mondial. 

Faire reconnaître la transparence comme principe clé de la gouvernance de l’océan

Vue aérienne d'une côte tropicale avec une eau bleue claire, des récifs coralliens, une plage de sable blanc, une forêt verte dense et un petit bateau ; le logo "Global Fishing Watch" apparaît dans le coin inférieur droit.

C’est au sein des forums internationaux que s’opèrent la discussion et la formulation des politiques. La majorité des décideurs et des décideuses en matière d’océan travaillent au sein du système de l’ONU. Quand l’ONU reconnaît et adopte des politiques, cela facilite les transformations à l’échelle mondiale, renforce la légitimité des mesures prises et pousse les acteurs à rendre des comptes sur leurs engagements. Global Fishing Watch a réussi à faire reconnaître la transparence comme un principe de gouvernance de l’océan grâce à l’adoption de la Résolution des Nations Unies sur la pêche durable de 2024une avancée majeure qui établit de nouvelles normes mondiales pour une gestion responsable de l’océan.

« Les Nations Unies reconnaissent l’importance de la transparence et du recours à la technologie dans la pêche, dans le cadre des politiques de lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée »
United Nations General Assembly, December 3 2024, A/79/L.38

La troisième conférence des nations unies sur l’océan en 2025 a réaffirmé cet appel à plus de transparence, appelant à « une action décisive et collective pour garantir des systèmes de pêche et d’aquaculture durables, notamment en renforçant la transparence, l’utilisation de la technologie, la gestion fondée sur la science et la connaissance, en promouvant, en multipliant et en reproduisant les réussites, et en agissant ensemble pour mettre fin à la pêche INN » dans la résolution Notre océan, notre avenir : unis pour une action urgente.

Renforcer la transparence en tant que principe mondial de gouvernance océanique améliore la protection des communautés de pêche artisanale, consolide les efforts de conservation marine et combat les pratiques de pêche INN. S’appuyant sur ces résultats positifs, Global Fishing Watch continue de promouvoir la transparence dans les forums internationaux pour s’assurer qu’elle reste au cœur d’une gouvernance de l’océan responsable.

Faire avancer la politique pour un suivi transparent des navires

Vue aérienne de nombreux bateaux de pêche colorés dispersés dans des eaux calmes et bleues, avec le logo du Global Fishing Watch dans le coin inférieur droit.

Le suivi des navires nous permet de mieux comprendre ce qui se passe en mer en fournissant des informations sur leur position et leurs activités. L’un des principaux obstacles à une surveillance efficace de la pêche industrielle réside dans l’absence d’harmonisation à l’échelle mondiale : les pratiques de suivi varient considérablement d’un pays à l’autre. Nos recherches suggèrent qu’environ 75 % des navires de pêche industrielle ne sont pas suivis publiquement. En effet, différents pays, ORGP et organisations internationales ont tous élaboré leurs propres politiques concernant le suivi de leurs navires. Cette fragmentation crée des failles propices à la non-conformité et aux activités illicites. Global Fishing Watch collabore étroitement avec les gouvernements pour les accompagner dans la mise à jour de leurs politiques nationales afin que tous les navires de pêche opérant au-delà de leurs eaux territoriales soient tenus d’être traçables publiquement. En parallèle, nous plaidons pour l’adoption de règles de suivi des navires strictes et contraignantes à l’échelle régionale via les ORGP, tout en favorisant les synergies entre acteurs afin de faire du suivi public la norme et non l’exception, dans les cadres juridiques internationaux.

Lors de la 35ᵉ session du comité des pêches de la FAO en 2022, les pays ont appelé l’organisation à approfondir cette question, recommandant l’organisation d’un atelier technique sur le suivi des navires, ainsi que l’élaboration de recommandations concrètes pour surmonter les défis existants. Face aux défis du système actuel, une véritable transformation du fonctionnement du suivi des navires s’impose. Un nouveau système international est nécessaire pour établir un cadre universel définissant des normes minimales de suivi des navires. Un tel cadre permettrait de rétablir l’équité entre les États et les acteurs de la pêche, tout en apportant des solutions aux nombreux problèmes que pose l’architecture actuelle.

Dévoiler les propriétaires cachés des navires par une plus grande transparence

Un grand bateau de pêche amarré dans un port, avec des filets de pêche visibles sur le pont. La lumière du soleil crée des ombres sur le bateau. Le logo du Global Fishing Watch apparaît dans le coin inférieur droit.

Une gouvernance efficace de l’océan commence par l’identification des véritables responsables. Les navires peuvent battre pavillon d’un pays et être exploités par un équipage sous contrat, mais les propriétaires effectifs ultimes (UBOs) — ceux qui tirent réellement profit — sont souvent cachés derrière des structures opaques.

La transparence des propriétaires effectifs ultimes est essentielle pour lutter contre la pêche INN. Sans elle, les efforts d’application de la loi s’arrêtent fréquemment au niveau du pont du navire, sans atteindre les véritables instigateurs.

L’OCDE a récemment reconnu cette nécessité, appelant les pays à « améliorer la transparence des propriétaires dans tous les secteurs » dans sa recommandation de 2025 sur l’élimination du soutien public à la pêche INN.

En intégrant les informations sur la propriété effective dans les registres des pêches et dans des systèmes internationaux tels que le registre mondial de la FAO, et en reliant ces données aux outils développés par Global Fishing Watch, nous pouvons bâtir un cadre interconnecté et transparent. Ce système permettrait d’alerter les autorités en cas d’erreurs, d’incohérences ou de données manquantes — aidant ainsi les gouvernements et les organismes de contrôle à identifier et à sanctionner les véritables responsables. La transparence sur la propriété effective est essentielle pour mettre fin aux pratiques illégales, renforcer la gouvernance et garantir une gestion équitable et durable de l’océan. Nous accompagnons les pays dans leurs efforts pour faire évoluer leurs politiques et pratiques opérationnelles, afin qu’ils collectent, utilisent et transmettent régulièrement les données des navires — y compris celles sur la propriété — aux organisations régionales de gestion des pêches et au registre mondial de la FAO.

Promouvoir l’équité dans l’accès aux outils technologiques

Deux personnes regardent l'écran d'un smartphone affichant une carte de l'activité des océans, probablement en train de suivre des navires ou des bateaux de pêche ; le logo de Global Fishing Watch apparaît dans le coin inférieur droit.

De nombreux pays disposent aujourd’hui de systèmes avancés leur permettant de centraliser rapidement les informations, de croiser automatiquement les données issues de différentes sources et de signaler aux autorités les éléments nécessitant une enquête approfondie. Le partage d’informations à jour, en temps réel, est essentiel pour prévenir, dissuader et éliminer la pêche INN.

Cependant, le développement de ces outils sur mesure est coûteux et exige en ressources humaines, ce qui signifie que de nombreux États restent tributaires d’examens manuels des données clés liées à l’identité, la propriété, l’autorisation et le suivi des navires. Même les autorités disposant d’équipes importantes ne peuvent contrôler, une à une, toutes les demandes de licence, les enregistrements de navires ou les entrées dans les ports.

L’infrastructure permettant de stocker et de partager ces données de manière cohérente existe déjà à l’échelle internationale. Le registre mondial de la FAO et les listes de navires autorisés des ORGP visent précisément à cet objectif. En rendant les registres de navires plus complets et interopérables — c’est-à-dire capables d’être partagés entre différents systèmes — leur alimentation peut être automatisée. Cela permet d’améliorer la qualité et la quantité des informations disponibles de manière transparente sur les activités de pêche, tout en réduisant la charge de travail des autorités confrontées à des exigences de notification multiples et hétérogènes.

Les États reconnaissent de plus en plus l’intérêt de mettre en place des procédures opérationnelles cohérentes et normalisées pour permettre à leurs registres nationaux de navires d’alimenter ces systèmes et de faciliter les échanges automatisés de données aux niveaux régional et international. La commission des thons de l’océan Indien et la FAO ont récemment mis en place un tel système permettant le transfert automatisé des données électroniques d’inspection portuaire, facilitant ainsi le travail des agents en poste dans les ports.

En mobilisant notre expertise technologique interne, nous accompagnons les États dans l’amélioration de leurs registres, l’intégration des informations sur les propriétaires et le partage de données complètes et actualisées sur les navires à l’échelle nationale, régionale et

L’alliance qui unit les efforts internationaux contre la pêche INN

Lors de la Conférence des Nations Unies sur l’océan en 2022, un groupe de gouvernements et d’autres parties prenantes se sont réunis pour s’engager collectivement à lutter contre la pêche INN, en soutenant l’Alliance d’Action contre la pêche INN. Cette initiative repose sur un engagement clair : adhérer et mettre en œuvre efficacement les accords internationaux visant à mettre un terme à la pêche INN, renforcer les dispositifs de suivi, de contrôle et de surveillance, et améliorer la transparence ainsi que le partage des données.

Global Fishing Watch a été un soutien fondateur de cette Alliance et œuvre aux côtés de ses membres pour promouvoir des propositions ambitieuses en matière de transparence, tant au niveau international que régional. 

Renforcer la dynamique au sein des ORGP

Les ORGP exercent une influence considérable : elles supervisent d’immenses zones océaniques et établissent des réglementations essentielles, telles que les quotas de capture ou les restrictions d’engins pour les espèces ciblées.

Global Fishing Watch détient le statut d’observateur auprès de six ORGP :

  • La Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (ICCAT)
  • L’Organisation régionale de gestion des pêches du Pacifique Sud (SPRFMO)
  • La Commission inter-américaine du thon tropical (IATTC)
  • La Commission des pêches du Pacifique occidental et central (WCPFC)
  • La Commission générale des pêches pour la Méditerranée (GFCM)
  • La Commission des pêches du Pacifique Nord (NPFC)

Ce statut nous permet d’assister aux réunions, de participer aux discussions et d’influencer les décisions politiques relatives aux mesures contraignantes en matière de conservation et de gestion durable des pêcheries.

Nous visons à jouer un rôle actif et influent dans la gouvernance des pêches mondiales, en contribuant à des écosystèmes marins plus sains et à des pratiques de pêche plus durables et transparentes.

Carte du monde mettant en évidence les organisations régionales de gestion des pêches (ORGP) et les accords relatifs aux stocks de grands poissons migrateurs. Les acronymes des organisations sont indiqués dans les différentes régions océaniques. Texte en français dans la partie supérieure.

Ressources pour les décideurs et décideuses

Découvrez nos ressources pour accéder aux données probantes et aux enseignements concrets qui alimentent une gouvernance de l’océan plus transparente et responsable.

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